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Témoignage

Dans l’ancien Musée des arts d’Afrique et d’Océanie, à Paris, je me souviens avoir contemplé longuement une étrange et très vieille idole. Entre statue et totem, tout hérissée de clous, son bois présentait une surface noirâtre, grumeleuse. La notice l’accompagnant expliquait qu’il s’agissait de résidus sacrificiels. Une œuvre inquiétante et forte, dont on détachait difficilement son regard. J’ignore ce que, depuis, elle est devenue (a-t-elle rejoint les collections du récent Musée des Arts Premiers ?) mais, en découvrant la série des " totems " de Didier Laforest, j’ai été frappée par leur air de fraternité avec le sombre fétiche.

Même allure longiligne, anthropomorphe. Là aussi, des incrustations de métal, et, recouvrant le tout, un enduit rouge, qui, s’il n’est pas sanglant, évoque (à mes yeux du moins) un badigeon de sang frais. Comme si Didier Laforest, sculpteur à l’écart des modes et des coteries, avait retrouvé, dans la tranquillité de son atelier stéphanois, les gestes primordiaux de prière et d’offrande qui avaient présidé à la réalisation de ce très ancien fétiche africain.



Anne Martineau Maître de Conférences à l’Université de Saint-etienne

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Témoignage

Je voudrais vous proposer un voyage.

Les griots Africains prétendent que « celui qui est mort, ne pourra plus jamais franchir le seuil de sa maison ». Mais que ce qui est plus grave, c’est que certaines personnes enfermées dans leurs certitudes ne franchiront jamais la porte de leurs évidences, qu’elles restent enfermées dans leurs savoirs et leurs avoirs. Elles sont mortes avant d’être nées.

Didier LAFOREST, par la voie des Totems, propose un franchissement en direction de la voix des sages : Regardez un Totem, placez vous en communication avec lui.

Les Totems réalisent un artéfact de la transgression et de la métamorphose.

Fiction revendiquée par tous, au travers du regard, ils imposent une création ou plutôt une re-création du monde à partir des fragments de réalité qu’ils symbolisent. Au-delà des fonctions légendaires et mythiques, chaque Totem s’élève vers l’expression de la question fondamentale, vers un déploiement de l’humain face à lui-même. En résonance aux difficultés qui se posent, aux interrogations de chacun.

Ainsi, il est à l'évidence deux erreurs tout aussi manifestes qui doivent être écartées: Celle qui conduirait à ne pas croire aux Totems, et celle qui commanderait d’y croire.

Les Totems sont en eux-mêmes porteurs de leur évidence, de leur vérité et les réduire à un état de sujets d’exposition et de collection, conduirait à ignorer tout de cultures millénaires au nom d'une rationalité bien récente et bien fragile.

Y croire au contraire, reviendrait à leur donner en eux-mêmes et pour eux-mêmes un pouvoir qu’ils ne détiennent pas et qu’ils n'ont jamais prétendu posséder, car ils ne sont, n’existent et ne vivent que par la présence à l’autre, par l’existence aux autres.

La puissance des Totems s’installe dans ce paradoxe, dans cette impossibilité, dans leur faiblesse, dans l’exigence et dans la fragilité.

Pour Didier LAFOREST , par les Totems, l’infini trouve sa place partout, chaque arbre, chaque rivière, chaque pierre, chaque être humain, chaque idée ne font pas qu’aménager un élément de l’absolu, ils sont l’absolu.

Le parcours de Didier LAFOREST et celui de ses Totems s’ordonnent en lien avec ce qui n’était pas encore, ce qui ne s’incarnait pas quand rien n’existait, quand l’infini lui-même n’était pas dénommé, faute de frontières pour l'installer et de mots pour l’exprimer...


ROBERT GIACOMEL Avocat. Consul de la République de LETTONIE.

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Témoignage



Travail avec le sculpteur, été 2007...

En arpentant l’univers parazite, tel qu’ils l’ont toujours fait, les messagers ont fait une rencontre inattendue.

Didier Laforest, sculpteur, a découvert le travail de ces jeunes créateurs. C’est ainsi qu’a germé l’idée d’une collaboration, pas forcément évidente, du fait des différences entre leurs deux univers.

Dès lors, des idées de télescopage, de mise en opposition ou en relation, de contradiction se sont installées dans la préparation de ce travail. Puis c’est en tâtonnant, en essayant, en ratant parfois, mais toujours en expérimentant, qu’une identité forte est née de ces créations.

Confrontant un aspect ethnique et tribal avec un univers urbain, plastique et illustratif, un certain accord s’est alors installé pour donner un nouveau visage aux totems de Didier, tout en offrant un nouveau support à paraziter pour les messagers.

Cette rencontre a également permis à chacun de regarder son travail sous un autre angle et ainsi d’élargir notre façon de penser pour prendre un certain recul. Les personnages venaient peu à peu habiter le volume et les textures des totems.

Les « persos » s'adaptèrent en venant souligner un trait ou une expression déjà existante, une relation se mettait en place. Didier nous poussait à chercher dans d'autres directions notamment celle de l'art africain et aborigène. Notre répertoire de forme s'en trouvait alors bousculé, allant même modifier notre logo jusqu'ici inchangé. La touche aussi changea ainsi que la façon de traiter la surface et d'appliquer la peinture. Chaque totem était revisité partiellement ou totalement en tenant compte du travail de sculpture déjà effectué. Le relooking s'effectuait parfois seul, à deux ou à trois en fonction de l'envie ou de la taille du totem. Cependant, chacun donnait son avis quand à la direction à prendre. Didier amenait sans cesse de nouveaux points de vue, de nouvelles idées discutant du pour et du contre.



Maxime Pastourel coordination de projet design Strasbourgs Guillaume grangeon Designer produit Shieffilld Angleterre