Parcours
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Tour a tour menuisier, charpentier, maçon, soudeur, sidérurgiste, imprimeur...

Tous ces métiers m'on appris des techniques, des savoir faire qui n'ont été pour moi qu'une longue quête fusionnelle de mon corps et de mon esprit avec la matière, quelle qu'elle soit pourvu que j'y puise mon propre dépassement et la volupté de la création.

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Je suis né le 24 mai 1962 dans un village de Bourgogne. Mon père faisait les 3/8 à l'usine. Sa dure tâche terminée, malgré la fatigue, il s'occupais de sa vigne ou partait en forêt pour abattre des arbres pour une scierie.

L'oisiveté n'etant pas de mise, il m'emenais avec lui et dans cette forêt j'ai appris l'odeur, l'écorce, les noeuds, la sève...
Mon grand père paysan, homme rude mais cultivé, possédait une grande dextérité manuelle. Il a fabriqué de beaux meubles et à éveillé ma curiosité. Geste ronds, copeaux qui sentaient le miel, outils aux noms étranges tout m'interessait. Les coude sur l'établi, le menton entre les mains, l'enfant que j'était écoutais la chanson du fer et du bois, ce long et doux crissement qui ressemble à une plainte qui me troublait et me trouble encore.

Je garde en mémoire la chaleur de la forge, les bruits, les odeurs de l'atelier. Je tournais longuement la meule à eau apprivoisant patiemment rabots, varlope, gouges, plane, cognée...

"Mes aïeux m'ont transmis le respect de la terre, l'amour du bois et de l'outil."

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Je me rappelle les visites de mon oncle Yacouba Touré et de mes cousins Africain au Bois Saisy.

Lors de nos rencontres c’était à chaque fois, d’extraordinaires découvertes ! Je voulais tout connaître de la Côte d’Ivoire, climats, coutumes, nourritures... Ils m’expliquaient... J’expliquais aux autres. J’étais le messager de la culture africaine dans mon propre village. Tout cela me renvoyait à mon mode de vie qui avait une certaine ethnicité et une rusticité certaine.

Je rêvais de chasse au lion et à l'éléphant, de tam- tam entre les villages. Ces « voyages immobiles » ont rempli mon univers d'enfant et continuent de nourrir mon imaginaire d'adulte .

Ensuite il y eu la rencontre avec la glaise. Un été mon parrain creusa une mare et en sortit une montagne de glaise. L’enfant que j’étais la modela tout l’été...

"De l’enfance, on garde toujours le meilleur et quelque chose d’indéfinissable..."